En pots-pourris, encadrée, en couronne, en bouquet ou en guirlande. Utilisée pour la décoration, les fêtes, les mariages, les enterrements. Symbolisant l’éternel, le durable, le transmissible et la délicatesse. La fleur séchée a presque toujours eu une place au creux de nos environnements esthétiques, au cœur de nos imaginaires visuels. Tour d’horizon de cette belle tantôt dénigrée, tantôt encensée, qui n’a pas fini de nous enchanter du zèle de ses friables pétales.

Fleur séchée delphinium mauve - Décoration

La fleur séchée, depuis l’herbier jusqu’au design

Le premier herbier fut constitué par Luca Ghini, botaniste italien, qui parvint à réunir plus de 300 essences, au cours du XVIè siècle. Dans le même temps qu’il délivrait un outil devenu essentiel à l’étude taxinomique des plantes (détail de leurs caractères botaniques et génétiques), il déclenchait une volonté collective de mémorisation physique des fleurs : la longue tradition du séchage floral qui s’en suivi y prend sa source. Au-delà de l’invention technique, c’est toute la perception sensorielle qui est bouleversée : jusqu’alors les fleurs étaient utilisées principalement pour leurs vertus utiles au bien être humain, et cette découverte recentre l’esthétisme dans les rapports floraux – humains.

Aujourd’hui encore, la fleur séchée a une utilité à prédominance visuelle : fidèle sublimatrice de nos intérieurs, ou meilleure alliée pour magnifier une couronne de fleur intemporelle. Apportant un intérêt pratique de longévité par rapport à la fleur fraîche, elle offre également une variété de textures et de couleurs tout à fait dans la tendance déco à la fois épurée et design. Certaines parviennent à conserver une douce effluve aux notes florales discrètes, telles que les Immortelles, avec leur fragrance mêlant sucre candi et curry.

Fleur séchée décoration - Lattifolia

Le retour de la fleur séchée depuis plusieurs années

Symboliquement, la fleur séchée porte en elle une idée d’intemporalité et d’éternité. Si elle a pu être affiliée à la mort, jouissant par le passé d’une réputation de dame feuillue figée et mélancolique, elle a connu une période de renouveau il y a moins de 50 ans, avec ses pots-pourris et ses petits bouquets de décoration. Quelque peu tombée dans l’oubli, elle est revenue au goût du jour il y a quelques années, participant à la défense de la durabilité, dans un contexte de mutations sociétales et de recherches de mouvances quotidiennes. En opposition à l’éphémère et au jetable des objets jalonnant nos quotidiens, elle est un pied de nez ultime à l’injonction à l’hyperconsommation.

Cette idée de redonner du sens par la durabilité se matérialise par le fait de soutenir le travail de producteurs français passionnés, qui perpétuent la tradition de la récolte et du séchage de ces fleurs. Car c’est bien un savoir-faire précis qui permet de conserver la couleur et la texture de ces achillées, echinops ou autres statices, qui sont soigneusement sélectionnées puis assemblées pour créer nos accessoires de mariée en fleur séchée.

Virginie Chaput

 

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